Souvenirs de la Première Guerre Mondiale
17.11.07 - Près d’une tonne d’explosifs découverts au pied de l’église d’Auby (59 - Nord).
Au départ, les démineurs d’Arras avaient été alertés pour six obus, découverts mercredi matin, sur le chantier d’une salle de catéchisme en construction, rue Léon-Blum à Auby. Autant dire que les démineurs ont bien fait d’intervenir rapidement puisqu’en creusant ils ont déterré bien plus que six obus et n’ont pas eu assez de l’après-midi et des deux camionnettes remplies de munitions pour venir à bout de ce « gisement » improbable.
Dépôt sauvage ou stock militaire ?
Hier matin, la pelleteuse mobilisée sur place a donc continué son travail et creusé en bordure du mur mitoyen qui donne sur l’église d’Auby, pour mettre au jour les munitions. « On en a remonté des godets pleins, c’était surprenant ! », témoigne le grutier. Au total, les démineurs ont rassemblé 924 kg d’obus et de munitions diverses, datant de la fin de la Première Guerre mondiale.
Leur intervention n’a nécessité aucune évacuation de population. « On a récupéré aussi bien ce qui est inerte que ce qui est armé , explique Christian Kowal, chef démineur. Des cartouches allemandes, des grenades anglaises et allemandes, des obus de mortier lourd allemands, des caffuts vides (boîtes à balles utilisées comme projectiles, NDLR) … On vient régulièrement pour prendre des obus sur des chantiers mais là, c’est particulier. C’est une bonne pioche ! ».
Comment ce stock impressionnant a-t-il pu se retrouver au fond d’un trou, enfoui au pied de l’église, sachant que l’édifice religieux actuel a été construit sur le site de l’ancienne église ?
Selon le chef démineur, « un obus est tombé là à l’époque et le trou formé a été comblé avec ces munitions. C’est la population des alentours qui récupérait les obus dans les champs pour les rassembler et les enterrer ». En dépolluant leurs terres, les habitants pouvaient ainsi réhabiliter leurs champs.
Cette explication ne convainc pas Jean-Paul Marlaire, archiviste de la ville et passionné d’histoire locale : « Le dépôt sauvage me semble peu probable car les édiles de l’époque n’auraient jamais laissé faire ce dépôt au pied d’une église, en plein centre-ville. Selon moi, c’est plutôt un dépôt militaire antérieur : les obus ont pu être stockés là dans le but de dynamiter le clocher, qui a d’ailleurs été détruit par les Allemands à l’époque. » La découverte d’une tôle recouvrant le trou pourrait étayer cette version.
Manipulées avec précaution, les munitions ont été répertoriées et remisées dans la camionnette, direction Arras où elles seront conditionnées avant d’être détruites au camp militaire de Suippes (près de Reims).
Article écrit par JULIEN CARPENTIER pour la Voix du Nord
Source : lavoixdunord.fr