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Provence - Exposition Nostradamus
Sam 27 Sep - 10:01 par Admin
Provence - Exposition Nostradamus

MARSEILLE (AFP) - 27.09.08 - Deux expositions en Provence tentent de mieux cerner le personnage de Nostradamus (1503-1566) dont les énigmatiques quatrains suscitent toujours mille et une interprétations.

A Marseille, le photographe Yves Bosson (Agence martienne) expose 46 tirages pour "contextualiser Nostradamus, montrer qu'on a affaire à un humaniste et un érudit de la Renaissance plutôt qu'à un prophète illuminé".

Michel de Nostredame, petit-fils d'un juif d'Avignon converti au catholicisme, se présentait comme poète, médecin et "astrophile". "Au XVIe siècle, il était normal qu'un médecin soit aussi astrologue, les traitements médicaux tenaient compte de la configuration des astres", souligne M. Bosson.

Avec ses "Prophéties", des quatrains volontiers obscurs et dont certains sont considérés comme apocryphes, Nostradamus est l'auteur d'un des textes littéraires les plus réédités au monde.

D'aucuns y ont vu annoncés l'attentat contre le pape Jean Paul II en 1981, l'incendie de Londres en 1666 ou encore la fin d'Henri II en 1559. Certains croient encore y déceler l'annonce de catastrophes, liées par exemple à l'accélérateur de particules LHC.

Outre la maison natale de Nostradamus à Saint-Rémy-de-Provence et celle des dix-neuf dernières années de sa vie à Salon-de-Provence, l'exposition de Marseille présente de splendides photos d'éditions et documents originaux. Yves Bosson a fouillé archives et bibliothèques de Zurich à Albi en passant par Marseille qui conserve le testament de Nostradamus.

Entre un almanach de 1563 et la toute première édition en 1555 des "Prophéties", la signature de Nostradamus sur le registre de la faculté de médecine de Montpellier voisine avec son dernier paraphe deux jours avant sa mort.

L'exposition s'amuse avec ses représentations à travers les âges: anachroniques lorsqu'elles le dotent d'une lunette astronomique (inventée par Galilée en 1609), touchantes quand elles le transforment en santon, ou fantasmagoriques sur des images d'Epinal du XIXe siècle ou la couverture d'un "pulp", magazine de science-fiction du XXe siècle.

Le "vrai" Nostradamus est-il celui peint de mémoire par son fils César en 1616 ? Sur ce portrait conservé à la bibliothèque Méjanes d'Aix-en-Provence, il a 63 ans et une barbe de vieux sage.

A Salon-de-Provence, la Maison de Nostradamus a choisi d'illustrer une facette moins connue et plus prosaïque que ses quatrains en présentant le "Traité des fardements et confitures", publié en 1555, la même année que les "Prophéties".

Outre des "fardements" - onguents anti-rides, poudres pour se laver les dents- pour "le vray et parfaict embellissement de la face et conservation du corps en son entier", l'ouvrage décrit les moyens de fabriquer des "confitures de plusieurs forces": c'étaient alors des médicaments à base de plantes conservées par le sucre.

Pour ceux qui n'avaient pas les moyens d'acheter du sucre venu des Canaries, Nostradamus proposait des recettes utilisant miel ou moût de raisin.

L'exposition, prolongée jusqu'en fin d'année selon les organisateurs, retrace l'histoire de cet ouvrage que le musée a pu racheter à New York en avril 2007, permettant à Michel Chomarat, spécialiste de Nostradamus, de le rééditer cette année.

("Portrait(s) de Nostradamus - Espace suisse d'exposition, 7 rue d'Arcole 13006 Marseille - jusqu'à fin octobre, entrée libre - www.agence-martienne.fr)

("De remède en confiture ... ou comment le plaisir vint au malade" - La Maison de Nostradamus, rue Nostradamus, 13300 Salon-de-Provence, jusqu'à fin décembre, entrée libre, www.salon-de-provence.com)


Article écrit par Laurence CHABERT
Source : Yahoo.fr

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